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vendredi 29 novembre 2013

She's so lovely film de Nick Cassavetes (1997)

La mine bien réjouie d'avoir fait n'importe quoi.


Conclusion :
J’a-dore Sean Penn ! Il a trop la classe ! Le voir dans un registre de gros malade mental, hyper violent et hyper doux en même temps. Dans des situations totalement incongrues voire what the fuck c’était bien cool et assez surprenant. Me suis bien poilé. Le film se place sous deux registres bien distincts : une folie particulièrement brutale et une folie drôle car décalée. Ah sté cool ! J’ai bien ri ! La première partie j’ai moins adhéré mais alors la seconde ! Je recommande !

On peut alors se poser une question : qui sont les executive producers (les producteurs quoi) ?
Ah ah ! vous ne devinerez jamais ! C’est Sean Penn, John Travolta et Gérard Depardieu ! AH HAHAHAH ! C’est bon ça ! René Cleitman le producteur français a aussi participé à l’effort financier afin que ce métrage puisse voir le jour. Comme quoi les français croyaient au pouvoir de cette œuvre assez loufoque.

Bon ça c’était pour l’intro. Mon propos sera décousu comme l’esprit tordu de tous les personnages de cette folie pensait par Nick Cassavetes.

Les individus ayant participé à ce film ont juste avant passé l’épreuve de la maison qui rend fou ! (trois fois !) La quoi ? Mais si Partoutatis, c’est l’épreuve des douze travaux d’Astérix ! Celle ou Obélix devient totalement jobar !
J’aimerais rentrer dans les détails, mais je ne peux pas sans déflorer…

Alors voilà je vous le conseille pas pour les premières 45 minutes mais pour les secondes !
Les trois derniers quarts-d’heures sont fumants de bonne idées ! Non vraiment ya pas un personnage pour rattraper l’autre, les personnages qui semblent sains d’esprit vacillent progressivement dans les tréfonds d’une nouvelle norme, illogique autant qu’irrationnelle, on voyage très loin et l’alcool omniprésent est un coup de pouce à une succession de scènes qui finissent par partir dans tous les sens.
Vala vala.

dimanche 27 octobre 2013

Un singe en hiver film de Henri Verneuil (1962)


Mais qu’est-ce qu’il te prend à dire « Yep » comme ça ?


Ode à l'ivresse, aux promesses et à l'amitié    
Des sensations qu’ils pensaient perdues à jamais
Malgré l'inquiétude de celles qui les aiment
Ils se laissent aller à manger des nems

Deux histoires où deux voyages s’entrecroisent
Deux hommes émerveillés par différents paysages
L'un l'Asie berceau du Yang Tsé Yang le célèbre fleuve
L'autre l'Hispanie théâtre où toréadors se meuvent

Les générations sont alors mélangées
Pour matérialiser les phantasmes songés
Le vieil homme rajeuni par le bourbon
Et le jeune homme vieilli par la boisson

Feux et lumières se déchainent en cette nuit troublée
Deux ivrognes prennent l'air pour mieux s'imaginer
L'un cause marine l'autre spectacle madrilain
Mais ils se rejoignent sur le même point

Et c'est durant cette fête emplie de gaieté
Où nos deux amis sans jamais se lasser
Ont embrigadé un troisième tout aussi enchanté
De mettre fin enfin à cette morosité

Hélas ce théâtre prend fin au matin
Quand la réalité ne passe plus son chemin
Les obligations reprennent leurs droits
C'est l'heure des adieux dignes des plus grands rois

C’est vers le printemps que père et fille se déplacèrent
Alors que le vieil homme entra dans un long hiver

mercredi 23 octobre 2013

Barbie : le Secret des Fées de William Lau (2011)




J’ai longtemps hésité à mettre 10 (j'ai mis 9) puis je me suis finalement dit : « Non non non pas 10 ! Que justice soit rendue ! ». « Pourquoi ? » me demanderiez-vous. Eh bien, en soutien aux brunes. Eh oui, William Lau le réalisateur a oublié le précepte de Lio « Les brunes ne comptent pas pour des prunes ! »  et a façonné dans ce Barbie : Le secret des fées, Raquelle une brune méchante extrêmement (et je pèse mes mots) dévalorisée tout le long de l’œuvre, et ça c’est vraiment pas sympa !

Situation initiale : Barbie est sexy, normal elle est mannequin et amoureuse. Amoureuse de qui ? Je vous le mets dans le mile, du beau blond aux yeux doux, Ken bien sûr !
Hélas ! Voilà que vient l’élément perturbateur : le pauvre homme se fait kidnapper par les fées de Gloss Angeles, dirigée par la terrible reine des fées aux cheveux roses Graciella ! A ce moment de l’œuvre, la surprise est de taille : des fées méchantes ! C‘est un véritable parti pris d’Elise Allen la scénariste. Heureusement il reste de gentilles fées Carrie et Taylor (mon cœur commençait à larmoyer), qui ont une beauté proportionnelle à leur jugeote :
« Comment on va pouvoir le sauver ? En faisant du shopping bien sûr ! » (franchement c’était évident).

L’œuvre fait preuve d’une rare finesse, nous fournissant parfois des clins d’œil de notre vie quotidienne afin de mieux nous identifier à la vie de Barbie, par exemple : je suis sûr que tout le monde a déjà remarqué que dans les cabines d’essayage des magasins, il y en a toujours une qui est fermée alors qu’elle est vide, eh bien on nous explique pourquoi dans Barbie, je ne spoilerai pas mais l’explication m’a quelque peu désarçonné.

Les lieux sont idylliques et magnifiés par des graphismes flous, fluo et tapageurs : des couleurs flamboyantes qui pétillent dans nos orbites fascinées par cette narration emplie de magie. Certains diront que les décors manquent de profondeurs et de détails, je dirais plutôt qu’ils sont épurés afin de nous proposer juste l’essentiel pour être absorbé dans ce monde féerique : en somme, des textures minimalistes et efficacement aveuglantes.

On passe d’une ville américaine à la Beverly Hills au sommet de la tour Eiffel en pleine nuit, où notre héroïne s’extasie devant la beauté des immeubles et des voitures parisiennes qui éclairent son passage à travers les plus belles avenues de la capitale tant rêvée. Barbie est tout simplement happée dans une véritable épopée digne d’un héros grec, eh oui comme toute aventurière de renom, ce n’est pas elle qui part à l’aventure mais c’est l’aventure qui vient à elle. Elle se retrouve donc guidée par nos deux gentilles fées jusqu’au… et là je vais vous surprendre… royaume des fées !

Elément amusant, je parlais de héros grec et je ne croyais pas si bien dire : Barbie et ses amies seront sauvées pas les légendaires mini pégases, les créatures les plus indomptables du monde des fées.
Autre bonne trouvaille, l’une des deux gentilles fées a des pouvoirs magiques d’une puissance proportionnelle à la beauté de la paire de talons qu’elle porte, l’autre possède un sac à main qui contient des babioles à l’infinie. Le caractère superficiel des jeunes femmes est ainsi présenté avec justesse.

L’œuvre est marquée par un réel aspect sociologique. On nous rappelle subtilement la supériorité de l’homme sur la femme quand on nous présente la gérante du magasin Ailes et compagnie dire à son mari qui vient à peine de l’ouvrir « Oui tu as raison mon chéri, une fois de plus ! ». Les hommes du monde des fées semblent avoir toujours raison ce qui n’est pas sans rappeler notre monde à nous en déplaise aux féministes. Dans le même registre notre pathétique brune Raquelle déplore mais assume une vérité pas toujours facile à vivre : « Les femmes sont changeantes, c’est ainsi. ».

Ajoutons que ce chef d’œuvre est saupoudré avec parcimonie d’un humour accablant de malice : le rival de Ken possède un accent latino proprement hilarant : « Ma què cè qué ca vé dire ?! », les jeux de mots sont de sortie : Ascenciel (mélange d’arc en ciel et d’ascenseur) et lorsque notre pauvre Ken se retrouve dans une situation difficile car étant affublé d’une armure trop étroite, notre empathie pour lui à son paroxysme se trouve délivrée par ses paroles d’une grande spontanéité : «Vous n’auriez pas un ouvre-boîte dans les environs ? ». Prodigieux n’est-ce pas ?

L’œuvre se termine par un intense combat où la puissance de la colère de la princesse des fées aux cheveux roses produit des arcs en ciel et des paillettes afin de blesser sauvagement l’innocente Barbie. Graciella qui plus est, assez étonnamment  d’ailleurs, a su maîtriser, surement après de longues années de méditation, l’art du Hadou de Street Fighter, projetant des HA DOU KEN à ces ennemis les plus retors.

Je ne dévoilerai pas la fin, mais je tiens tout de même à rassurer les plus sensibles d’entre vous que l’histoire se termine bien.

Je vous laisse sur le morceau phare de ce Barbie : Le secret des fées (باربي والسرية الجنية en arabe) afin que vous puissiez vous rendre compte des efforts extraordinaires produits pour concocter la bande sonore du film.

http://www.youtube.com/watch?v=Z2Mqn6FVTcc



jeudi 17 octobre 2013

Porco Rosso film de Hayao Miyazaki (1995)


A quoi reconnaît-on une grande œuvre du cinéma ? Eh bien, c’est quand il ne se passe pas grand-chose mais que l’on a envie que cela dure. Ce peu est jouissif. En gros dans Porco rosso (Cochon rouge vif), il se passe trois choses : la récupération des otages, la réparation de l’hydravion et le duel avec l’amerloque. Mais l’atmosphère est tellement émouvante et drôle que cela a pris de part chez moi.


Commençons par ce second point, l’œuvre est hilarante grâce à l’idée de base : un halouf meilleur pilote au monde d’hydravion, affublé d’une subtile moustache et qui a un penchant certain pour la pignole et la picole (ça rime). De cela, le comique peut se répandre à tour de bras avec facilité, on a donc le droit à des : « Il y a un mandat contre toi [...] pour exhibitionnisme porcin » ou encore à « Marco tu vas finir en rôti de porc ». Mais l’humour ne vient pas que de cette idée qui favorise le décalage, non, le décalage est partout. Des petites filles amusées d’être kidnappées, incroyablement à l’aise et indépendante, à l’équipe de femmes de l’atelier de réparation d’hydravion de Piccolo, avec en prime une jeune génie Fio, éprise à la fois d’hydravion et de Marco qui doit avoir deux fois son âge.

Mais l’écart ne s’arrête pas là car l’œuvre se paye le luxe de mettre en premier plan des légèretés de dessins animés sur un fond d’horreur de la montée du fascisme italien des années 20 et la tourne même en dérision.

Le film est aussi émouvant car contrôlé dans les sentiments mais pas dans la poésie. Marco est un personnage entouré de mélancolie et de réserve dans l'aspect qu'il renvoie, mais aussi très pudique : bien qu’il ait deux très belles femmes à ses pieds, il choisit de continuer sa vie seul par peur de décevoir, de rendre triste et par risque de mettre en danger celle qu’il aime. Il a un cœur gros comme ça, préférant faire perdurer ses rêves de relation amoureuse plutôt que de prendre l’amour à bras le corps, peut-être par honte de lui-même. Pourtant ! Quand il est amoureux, il retrouve sa forme humaine. C’est l’amour à son paroxysme qui est le contre sort du charme cochonisant qui lui a enlevé tout charme humain. En échange de cette métamorphose, il a pu rester en vie durant un moment particulièrement périlleux de la première guerre mondiale : tu peux continuer à vivre, mais tu vivras seul et sans l’amour de tes proches en souvenir de tes camarades tombés au combat qui n’ont pas eu le droit à cette seconde chance, que tu as mérité pour avoir été le dernier de ton escouade à être en vie. Ainsi on est tiraillé entre rires et pincements de le voir accepter la solitude. Son aspect lui rappel constamment le passé et il n’a pas de futur car toujours en fuite du gouvernement qui cherche à l’éliminer, il est condamné à vivre dans le présent se contentant de plaisirs simples et éternellement ponctuels.


Alors certes, la fin est abrupte et un peu trop ouverte pour certain, mais quand on est enchanté par tant de poésie, nul besoin de rationnel, on se laisse juste guider par la mélodie du générique de fin qui nous sort progressivement du monde façonné par Miyazaki à la fois dur et onirique.

mardi 8 octobre 2013

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal (2011)



Ce film aurait pu être excellent, il n’est juste que bon. Ce contexte de frontière sur la bande de Gaza entre palestiniens et israéliens, je ne l’ai pas vu si souvent. Du coup, c’est assez intéressant de voir un peu les relations qu’il peut y avoir entre les deux populations, un contexte dont tant de média en montrent les horreurs des armes et ses conséquences désastreuses, mais qui ne présentent jamais la vie de tous les jours qui est selon moi bien plus fascinante.

Les situations sont trop mal amenées. Quand Jaafar se fait embrigader pour servir de martyr, cela sort un peu de n’importe où et le fait qu’il se laisse à ce point faire est très surprenant et assez frustrant. D'autres transitions dans le film sont assez mal réalisées.

Par contre, le coup du je pêche dans mes filets un cochon noir extrêmement beau Vietnamien alors ça ça m’a fait rire, je m’y attendais pas du tout !
Le ton se veut léger : Jaafar doit se battre contre lui-même pour mettre à profit ce cochon tant démonisé par sa religion. Mais l'oeuvre ne se préoccupe pas d’animer le spectateur, au contraire il montre la réalité telle qu’elle est : s’il faut que Jaafar fasse trois allers retour en vélo du port à la frontière, il le fait dans la journée et nous on l’accompagne. Car ce sont des efforts nécessaires pour gagner sa croute.

On peut observer des contextes ambigües où deux israéliens armés sont postés 24 heures sur 24 sur le toit d’une habitation où vît notre couple palestinien : Jaafar (Sasson Gabai) et Fatima (Baya Belal), couple de cinquantenaires touchant, le premier s’inquiète pour ramener de l’argent pour subsister, sa femme elle, qui nourrit une rancœur justifiée envers les jeunes soldats israéliens postés sur eux et qui s’inquiète tout autant. Ce qui est amusant c’est que ces soldats sont très jeunes : faisant leur service militaire obligatoire (deux ans pour les femmes et trois pour les hommes), ils ont tout juste la vingtaine et ne sont clairement pas là par conviction mais parce qu’ils n’ont pas le choix. Un d’entre eux tente de nombreuses fois d’instaurer le dialogue avec Fatima, cette femme qui pourrait être sa mère et qui ne supporte pas ce contrôle et cette autorité orchestrée par des enfants. On observe ainsi, à la fois les relations difficiles entre population de culture différente mais aussi de génération différente. On se rend aussi compte des effets de la mondialisation : Fatima et un jeune soldat regardent ensemble avec grande attention une série brésilienne stéréotypée et futile mais néanmoins fascinante. C’est ce qui vient d’ailleurs qui permet le recul nécessaire à la situation actuelle et permet d’ouvrir pour la première fois le dialogue.

La scène internationale n’a aucune importance par rapport à la lutte hebdomadaire à Gaza :
qui est ce noir américain en costume qui parle devant tant de journalistes et qui décrit un contexte qu’il ne comprend pas ?

Ainsi donc, un bon film, assez drôle (le titre original c’est « When pigs have wings » !) mais parfois un peu trop décousu.

Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki (1997)




Comme beaucoup j’ai adoré ce film, seulement je ne peux m’empêcher de garder un goût amer. Je trouve que l’humain s’en sort trop bien.

Cette œuvre est une parfaite analogie de ce qu’il se passe partout dans le monde.
- Des Hommes ne cherchant qu’à assouvir leur avidité peu importe les conséquences : forgeurs qui souhaitent s’enrichir de manière infinie au détriment des autres Hommes et de la forêt.
- Des Hommes préférant continuer à détruire la biodiversité plutôt que de se remettre en question : à aucun moment la population de la forge s’imagine qu’il pourrait vivre en harmonie avec la forêt : la question est posée par notre héros, Hashitaka, et reste toujours sans réponse…
- Des Hommes incapables de penser par eux-mêmes : femmes comme hommes de la forge suivent leur leader (Dame Eboshi) aveuglément, bien qu’une partie souhaiterait vivre en harmonie avec la forêt. Les samouraïs suivent le seigneurs Hasano. Les chanteurs commerciaux suivent les modes. Les politiciens suivent toujours la même ligne politique. Les policiers comme les militaires suivent les ordres. Les ingénieurs et chercheurs découvrent et développent sans réfléchir. Les français préfèrent se battre contre le mariage et l’adoption des homosexuels plutôt que contre Monsanto : plutôt que de cracher leur haine contre le système, le capitalisme fait qu’ils envoient leur rejet contre des innocents.
- Des Hommes obligés de suivre les idées de quelqu’un d’autres quelques soit ses convictions : Eboshi souhaite régir la planète grâce à ses armes toujours plus innovantes et destructrices, toujours dans cette logique du culte du progrès, mais quel progrès ?
- Des Hommes incapables de se limiter dans un libéralisme omniprésent : vivre sans être tiraillé par la faim et avec un certain confort est insuffisant pour la population de la forge, il faut accumuler toujours plus de richesse.
- Des Hommes ne cherchant jamais au grand jamais à tenter de vivre en harmonie avec le vivant qui nous entoure, afin de produire des broutilles superflues, juste pour contenter ses petits caprices : obtenir encore plus de terre dans le film, dans notre monde à nous : fabriquer et vendre des smartphones, des avions, des voitures, des drones, des robots, des tablettes etc…

Le respect entre Hommes il a bon dos (il décroît à vue d’œil qui plus est) et le respect pour notre environnement alors ?!

Je me pose tous les jours la même question : Peut-on être tolérant tout en étant militant ? Tantôt, je me dis qu’il faut cultiver cette intolérance, tantôt je me dis qu’il faut la restreindre et tenter de construire une nouvelle société ensemble. Mais la tâche est tellement ardue, l’Homme part de tellement loin. Un discours même répété 1000 fois, ça passe par une oreille et ça sort par l’autre. Puis même si la personne est d’accord, il n’agira jamais en conséquence : « C’est vrai ce que tu dis mais on n’y peut rien, tu es courageux de vivre en fonction de tes convictions ». Il faut sacrément ne pas aimer la liberté pour ne pas s’attacher à ses convictions ou ne pas tout faire pour en avoir des singulières, des idées qui nous différencieraient et qui nous rendraient unique et indépendant. L’entendre de la bouche d’étudiants, de vingtenaires, de trentenaires qui viennent à peine de mettre les pieds dans cette tant convoitée « vie active » ou qui n’ont pour seule espérance que d’y rentrer. Ça fait peur… Je ne parle même pas des tranches plus âgées qui sont empêtrées dans cette société depuis déjà trop longtemps pour avoir le recul nécessaire, même si l’espoir subsiste : de plus en plus de minorités proposent des alternatives au capitalisme : autogestion, AMAP, potagers communs en ville comme en campagne, retour à la terre etc…

La société suit toujours la même logique, le développement durable c’est de la mauvaise foi, les conventions éthiques du milieu scientifique juste un symbole sans pouvoir, chargées de rassurer la masse, les scientifiques eux-mêmes le disent. Les sciences ne sont aujourd’hui qu’un moteur de la surconsommation du système capitaliste, c’est d’ailleurs pour cela que la seule voie privilégiée est celle des sciences. Des sciences qui n’apprennent pas aux étudiants à réfléchir, à cultiver leur curiosité, bref à s’émanciper, mais qui construisent des automates qui suivent toujours la même ligne de conduite. Les chercheurs en Physique, en Biologie, en Chimie ou en Maths, se fichent complétement des conséquences de leur découverte une fois vendue à un industriel, qu’elles soient sociales ou écologiques. Ils sont juste la tête dans le guidon comme on dit, incapable de lever leur visage pour regarder au loin. Incapable ou sans l’envie, gardant la tête bien baissée à observer leur pied, en attendant sagement que les choses se passent, se dédouanant complétement par la même occasion. Les étudiants en sciences, futurs chercheurs, sont façonnés pour suivre cette règle tacite.

Pourquoi les domaines artistiques ou les sciences humaines ne sont jamais mis en valeur en France ? Parce que ça ne rapporte rien. On propose aux gens dans ces domaines de devenir enseignants pour qu’ils enseignent à des professeurs potentiels qui formeront à leur tour. L’avancée est nulle. Pourquoi un philosophe, un écrivain, un psychologue ou un historien n’aurait pas autant de valeur qu’un ingénieur ? Eux qui réfléchissent surement de manière plus indépendante, mais qui sont cassés continuellement par le système qui les amènent inévitablement dans une voie sans issue, sans travail et sans avenir alternatif. Surement cassés car plus émancipés d’ailleurs.

Vous vous dîtes surement que la digression par rapport à notre Princesse Mononoké de départ est totale. Pourtant comme je le disais au début, l’analogie entre la réalité et ce film d’animation existe belle et bien et toutes les idées que je viens de développer vont à l’encontre d’un équilibre avec la nature. Je suis dégoûté qu’à aucun moment on ne voit l’être humain apprendre de ses erreurs. A la fin de l’œuvre tout est détruit et la nature repart à zéro, y a-t-il une remise en question de l’Homme? Non.
Si on aime la nature, on ne peut rester de marbre devant l’injustice de l’Homme vis-à-vis de ce qui l’entoure. Si vous êtes touché dans le film, vous devriez être touché dans notre monde à nous. Prendre le temps de se balader, de faire de bons repas avec des produits de qualité, de lire, de découvrir de nouvelles formes artistiques, de discuter avec ses amis comme avec des inconnus, n’est-ce pas suffisant ? C’est une sacré piste pour diminuer notre empreinte sur l’environnement.

Vous comprendrez alors ce goût amer que j’éprouve. Une amertume associée à l’inquiétude de voir détruire leur/notre terre une nouvelle fois par l’incapacité de se remettre en question qui permettrait peut-être de vivre plus simplement et plus sobrement. Une sobriété matérielle et pas du tout intellectuelle ou artistique ! C’est ça le vrai progrès selon moi.

Pour conclure sur le film, outre les aspects qui ont dû être répétés à maintes reprises : beauté graphique, personnages touchants dans un univers enchanteur, histoire très prenante etc… Ce qui m’a marqué le plus c’est que surement pour la première fois dans un film, les bons et les mauvais ne sont pas stéréotypés : la population de la forge est présentée comme très sympathique où ce sont les femmes qui mènent la barque (ce qui fait plaisir à voir), pourtant c’est bien eux les destructeurs du récit. Ce n’est pas ou noir ou blanc, mais beige. Quant aux vrais  « méchants », les samouraïs du seigneur Hasano, ils n’ont pas vraiment d’influence, ils restent en retrait par leur carence matérielle (épée contre arme à feu, bon…) et Hasano est un personnage que l’on ne voit jamais. Bref, les mauvais comme les bons ne sont pas exagérés, ce qui augmente la force de l’œuvre car elle est vraisemblable. Que ferions-nous, les Hommes, si on se retrouvait dans cet univers fantastique ? La même chose que dans notre réalité. C’est la réponse de Miyazaki en tout cas.

lundi 30 septembre 2013

Bilbo le hobbit de Peter Jackson (2012)



Des paysages magnifiques, des musiques très belles, de bons acteurs, une trame classique mais intéressante, les 3h de film se déroulent comme lettre à la poste, pourtant l’œuvre n’est pas à tomber. Pour une seule raison, une raison similaire à la trilogie du Seigneur des anneaux. Le problème vient du déroulement de la trame, les mécanismes de son évolution.

Une évolution ponctuée de combats, d’ennemis et d’obstacles inattendus, où nos gentils s’en sortent toujours in extremis. Un déroulement comme celui-ci est rébarbatif et inintéressant, cela manque de subtilités. Je m’en fiche de voir le déroulement d’un combat, ça ne m’intéresse pas. Je veux bien en voir une fois ou deux, mais pas plus ! Je sens que les prochains opus vont en regorger, et l’ennuie naîtra fatalement en moi. Pourquoi, ne pas proposer plus de dialogues fins et drôles (oui j’aime rire en regardant un film), nous permettant d’en savoir plus sur nos 14 aventuriers ? A part physiquement, la description est nulle, on ne voit pas bien quels peuvent-être les caractères de tels ou tels individus. On se retrouve donc avec Bilbo, Thorin et Gandalf  et… onze nains insipides. Si certains personnages meurent par la suite, on ne pourra éprouver une réelle empathie pour eux, vu qu’ils ne se définiront que par leur physique. Pourquoi ne pas proposer des énigmes ou des avancées vers le lieu clé par autre chose que par la violence omniprésente. A la limite, la guerre pourquoi pas, mais alors avec de la stratégie ! Là c’est on fonce dans le tas ou on est encerclé ou on fuit. C’est lourd et terriblement primitif.

Faut toujours que Peter Jackson fasse dans le spectaculaire, dans le grand spectacle, par ce manque de simplicité, l’émotion s’en trouve diminuée. Je ne connais pas l’ouvrage, je suppose que la trame est semblable au film, mais il avait parfaitement la liberté de l’arranger afin d’y amener des petites idées innovantes et qui font atteindre l’excellence à de bons films comme on en voit souvent.

Après ce film est très sympa à voir, architecturalement (rien que la maison de Bilbo est géniale), du point de vue des décors qui sont très travaillés, Bilbo et Gandalf sont touchants, Thorin plus bourru : il fait un peu brute au grand cœur. Le côté fan service des musiques n’est pas dérangeant, vu que les musiques reprises du Seigneur des anneaux sont belles. Non, franchement un bon moment. Je me fais juste du souci pour la suite…


dimanche 29 septembre 2013

Shining de Stanley Kubrick (1980)





C'est en 1980 que Stanley Kubrick fit le film Shining, trois ans après l’œuvre de Stephen King.

C’est l’histoire d’un petit garçon Danny Torrance, surnommé le Doc car il a de grandes capacités pour un âge de seulement 5 ans, qui va lutter contre lui-même. Il sait lire, écrire et pense vite et bien ; mais ce n’est pas ça qui est le plus remarquable chez lui… Il possède depuis sa naissance des talents extralucides, il peut percevoir un futur proche ou au contraire des événement très anciens. Il a aussi la capacité de connaître la vie d’un individu juste en le rencontrant et emploie la télépathie intuitivement. Oui, Danny est en quelque sorte un médium mieux connu sous le nom de Shining.

Car il n’est pas le seul, certains individus, de manière extrêmement anecdotique, possède ce don avec des capacités plus ou moins avancées, Danny est extraordinaire dans un milieu déjà très restreint car il est capable de chose que peu peuvent faire, malgré son âge.

Avant de visionner ce film j’avais lu l’ouvrage de King il y a un an. Je vais donc en profiter pour en faire une comparaison.
Tout d’abord, l’ouvrage ne m’avait pas déplu, bien que je ne l’avais trouvé en rien exceptionnel. Par rapport à un bon polar, qui se dévore à une vitesse folle et qu’on n’a du mal à lâcher tant qu’on n’a pas atteint la fin, Shining m’a semblé bien moins haletant et il a fallu que je me force tellement le rythme de l'intrigue était pour moi insuffisant. J’ai trouvé la trame molle. La mise en place de la situation m’avait pourtant présagé le meilleur, un père et mari doux et aimant de sa femme et  de son fils, et de manière exceptionnelle autant qu'inattendue terriblement violent, au point qu’il cassa une fois le bras du Doc alors âgé de 2 ans. Viré de l’université où il travaillé et anciennement alcoolique, il trouve grâce à l'un de ses amis, un emploi en tant que gardien dans l’Overlook Hotel pour la saison froide. Il compte mettre à profit cette période pour écrire un roman et retrouver sa place dans la société qui la rejeté si abruptement. Jack et sa famille : Wendy et Danny Torrance vont donc passer huit mois seul dans le gigantesque autant que majestueux Overlook, bâtiment abritant un passé bien trouble : un père, alors gardien, aurait tué sa femme et ses deux filles à la hache, les aurait coupé en morceaux puis se serait donné la mort d’un coup de fusil. Un lieu sinistre donc, dans la montagne, complétement isolé durant cette période de l’année du fait des amoncellements de neige.

Le film commence direct au moment où Jack est engagé à l’Overlook, ce qui est finement joué de la part de Kubrick car les éléments du passé seront subtilement décrit au cours de l’isolement.

Je vais faire court. En fait, je vois un problème majeur au film : c’est l’évolution du comportement de Jack. On sait qu’il a des tendances brutales et déséquilibrés, mais dans le livre il est au début de leur retraite complice et doux avec sa famille. Jack ne se fait happer par les émanations mystiques et malsaines du lieu que très progressivement, pour enfin atteindre un état permanent d’hallucination et de folie. Dans le film, à mes yeux, dès l’entretien il passe pour un timbré, bon en même temps c’est Jack Nicholson et il a la tête de l’emploi, mais tout de même ce n’est pas assez subtil à mon goût, son personnage devient plus fade. On sent que dès le début il est désaxé, pourtant une nouvelle vie s'offre à lui, c'est une seconde chance que la société lui donne, et il manque de sérénité.

A côté de ça, énormément de bonnes choses. Nicholson est juste parfait dans son rôle, il joue exceptionnellement juste. Shelley Duval est aussi excellente en mère qui semble faible, qui pleure et qui à peur sans cesse, mais qui aux moments importuns, agit instinctivement de manière pertinente et congru, afin de sauver elle et son fils. Quant à notre petit acteur Danny Lloyd, pour 6/7 ans il se débrouille bien, à part certaines scènes ne sont pas hyper réalistes, je pense surtout à quand il convulse, mais bon je suppose que ça ne doit pas être évident.

Le film est sorti en 1980 et il est magnifique ! Vraiment ! L’hotel a de la gueule, la qualité de l’image est proprement remarquable. Les sons les accompagnant sont irréprochables, elles accentuent bien le ton des scènes et réussissent à nous mettre un bon coup de flip.

En fait tout est bon et pourtant j’étais parfois las, cela manque de rythme, la succession des événements se font trop lentement, Garett Brown (le caméraman) ne joue pas assez sur les gros plans des personnages. En fait aux moments censés nous surprendre, la scène est filmée de tellement loin qu’on a le recul nécessaire pour ne pas tressaillir, si bien que j’ai ri à de nombreuses reprises. Je pense notamment à la scène de la femme dans sa baignoire ou celle de l’arrivée de Dick Halloran (Scatman Crothers, le cuisinier qui possède aussi le don). C’est vraiment dommage. Il y avait de bonnes trouvailles dans le livre, tel que les animaux dehors, qui par leur nombre et leur symbole (le Lion etc..)  augmentaient la tension, qui sont occultés dans ce long métrage. Même à l’intérieur de l'Overlook, les personnages voulant la mort de la famille sont normalement plus nombreux, là ils ne font que des apparitions que très ponctuelles et sont plus hilarant qu’autre chose.

Voilà un film avec de grandes qualités et auquel il ne manquait pas grand-chose pour qu’il soit parfait, mais qui finalement possède le même problème que le roman original : un manque de rythme diminuant l'effet d'un film se voulant d'horreur.